Transcript du podcast
Marie-Cécile :
En quoi l’exploration de son clown intérieur peut-elle devenir un outil stratégique de réussite dans sa vie professionnelle ?
Je suis Marie-Cécile, alias Esperluette, l’anthropologue du quotidien. Et aujourd’hui, je vous emmène à la rencontre de Stéphanie, fondatrice de « Avec des Oui », avec qui j’ai travaillé pendant plusieurs semaines pour ajouter un peu de joie dans ma voix pour ces podcasts que vous écoutez en ce moment.
Stéphanie utilise les techniques clown de théâtre et elle fait bien plus qu’utiliser un nez rouge pour détendre l’atmosphère et faire rire : elle travaille en profondeur avec des managers, des indépendantes et indépendants ou des équipes pour leur permettre de révéler leur authenticité et trouver la bonne posture à adopter, alignée avec leur personnalité.
Les techniques du théâtre de clown permettent de tout oser, de sortir de son cadre pour se découvrir. C’est ce qui s’est passé avec elle quand elle a découvert cette technique, car ne pensez pas qu’elle est extravertie ou exubérante naturellement ; vous allez l’entendre, Stéphanie est plutôt un juste équilibre entre sérieux et folie douce, juste quand il le faut.
Son travail nous ramène à l’ici et maintenant, à tester des masques pour mieux choisir celui qui nous ressemble et avec lequel on aimera partir travailler. Elle nous explique comment oser sa singularité permet de mieux communiquer, de gérer son stress et de créer du lien véritable avec ses collaborateurs et ses proches.
Écoutez, vous allez comprendre.
Stéphanie :
Je suis Stéphanie et j’interviens dans les entreprises avec un outil un peu particulier, c’est le clown de théâtre.
Je fais bien la distinction avec le théâtre et le cirque.
C’est-à-dire que le cirque, c’est un peu patapouf, les boutades, c’est un peu grossier et ça fait rire et c’est très bien.
Et le clown de théâtre, c’est vraiment beaucoup plus axé sur l’être, le ici et maintenant.
Et moi, c’est ça qui m’anime dans cette pratique du clown de théâtre parce que justement, on travaille sur qui on est.
Marie-Cécile :
Donc, ça veut dire que tu es un clown ?
Stéphanie :
Je pense qu’on est tous clown.
D’ailleurs, la plupart du temps, quand je parle avec des personnes pendant quelques minutes, rapidement, je vois leur clown derrière la personne.
Alors, qu’est-ce qu’on met derrière clown ? C’est la vraie personne qui est là.
C’est-à-dire que ce n’est même plus une question de personne.
C’est une énergie, c’est la singularité de la personne.
Et puis, c’est le côté amusant ou cocasse de la personne aussi que je peux entrevoir.
Le clown de l’être, il est vraiment sur qu’est-ce qu’il vit maintenant ?
Avant de chercher à faire rire, qui est plutôt le clown de cirque, faire rire à tout prix.
Pour moi, le clown, déjà, il cherche à connecter avec les gens.
Et il vit pleinement ce qu’il vit dans l’instant présent.
Donc, s’il y a une émotion, il y a une émotion, quelle qu’elle soit.
Et ça va lui apporter peut-être de l’inconfort, mais aussi du jeu.
Et c’est là où je parle aussi d’authenticité parce que la personne, elle est vraiment centrée sur ce qu’elle vit.
Elle n’a… bizarrement, elle n’a plus de masque.
Et on en vient justement au sujet principal, c’est on porte le plus petit masque du monde.
Et en fait, ça nous fait tomber tous les masques qu’on porte dans la vie.
Et ça, c’est hyper précieux parce que c’est une connexion à l’autre qui est authentique.
Quand je dis à l’autre, ça peut être au public, aux collègues qui sont là,
au partenaire de jeu qui est sur scène avec soi.
Et là, l’authenticité, on ne triche pas, on ne ment pas.
Ce n’est pas forcément confortable, mais de l’inconfort, on peut basculer au confort
parce que justement, on est dans la justesse du jeu et de ce qu’on est en train de vivre.
Et là, on est vraiment dans un moment de vie qui est précieux et savoureux,
autant pour celui qui est sur scène que pour celui qui est dans le public.
Marie-Cécile :
D’où vient cette certitude que le clown peut libérer la parole ? On pourrait imaginer que Stéphanie a toujours été une femme à l’aise sur un plateau et prête à faire rire tout le monde. Pourtant, son histoire commence plutôt dans les coulisses que sur scène, avec une compagne que beaucoup d’entre nous connaissons : la timidité.
Stéphanie :
Quand j’étais petite, j’aimais bien faire des spectacles.
Quand j’étais à la maternelle, j’étais passée devant toutes les classes avec une chanson.
L’époque où on n’a pas de filtre et où on n’a pas encore peur, je dirais.
Donc voilà, j’étais petite.
Mais avec les années, j’ai gagné, si j’ose dire, en timidité, en introversion.
Et au contraire, on va dire vers 9 ans, j’avais déjà envie de faire du théâtre.
Mais j’avais vraiment cette timidité. J’ai préféré faire du piano.
Mais j’avais vraiment cet appel-là depuis longtemps.
Et ça a duré longtemps, puisque du coup, entre 10 et 30 ans, il s’est passé 20 ans avant de vraiment y aller.
J’ai eu des petites expériences, mais j’étais plutôt du genre à vouloir rester en coulisses, à faire la voix off.
C’est pas là où je me suis révélée.
Je restais dans mon trou de souris.
D’où ça vient, je ne sais pas.
Je n’avais pas forcément trouvé ma place ou je n’osais pas forcément m’exprimer.
Je ne peux pas dire d’où ça vient, en fait.
Par contre, ce que je peux dire, c’est que pratiquer le clown de théâtre m’a donné une liberté d’être et d’expression. Et c’est ça que je transmets.
Et c’est ça que je kiffe !
C’était quoi, la chanson ? Dieu m’a donné la foi.
Ben c’est vrai en plus je pourrais dire que le clown m’a donné la foi.
C’est-à-dire que j’ai pris confiance en moi,
en la vie, en les autres,
grâce à cette pratique du clown de théâtre.
C’est quand même génial !
Et en plus, c’est en s’amusant.
On n’oublie pas le côté inconfortable, ce n’est pas facile.
Et on a plus ou moins d’aisance, selon les gens.
Mais vraiment, je dirais quand même que pendant un an, j’ai ramé.
La première année, ça a été très difficile. Je n’y arrivais pas.
Donc, je sais vraiment ce que c’est que d’être bloquée, de ne pas y arriver, que ça ne sorte pas,
que les impros elles ne marchent pas, que ça fasse des bides.
Je connais très, très bien ça. Puis, à un moment donné, où paow !
Il y a un truc qui est viscéral. Moi, ça s’est passé comme ça. C’est un accouchement de moi-même.
C’est viscéral. Il y a eu une énergie, il y a eu une vérité.
C’est ça : Il y a eu la vérité qui sort.
Et chacun sa vérité, mais c’est ça qui sort.
Marie-Cécile :
Ça veut dire qu’aujourd’hui, pour toi, c’est facile ?
Stéphanie :
J’ai beaucoup plus d’aisance. Oui.
Je ne dirais pas que c’est facile, mais c’est beaucoup plus facile qu’avant.
Et pourquoi je ne dirais pas que c’est facile ? Oui, aujourd’hui, c’est facile.
C’est facile. C’est même… Ça m’active.
J’ai envie d’y aller. Il peut y avoir le trac.
Parce que le trac fait partie, c’est un moteur aussi.
Mais quel bonheur !
Je suis tombée dans la marmite du clown quand j’avais 30 ans, j’en ai quasiment 50.
Je continue.
C’est ma ressource, je n’ai pas trouvé mieux.
Marie-Cécile :
Cette ressource, Stéphanie ne la garde pas pour elle. Elle a fait le choix de la transmettre là où on l’attend le moins : dans le monde de l’entreprise. Mais comment emmener cette « folie douce » et cette recherche d’authenticité dans des environnements souvent très cadrés, centrés sur la performance et le sérieux ?
Stéphanie :
J’amène à l’entreprise une expérience à vivre, qui est l’expérience clown, ou qui est ce que j’appelle l’exploration clownesque, c’est-à-dire d’une thématique, par exemple.
On va explorer la gestion du temps, le pitch, comment se présenter, mais on va le voir avec la pratique du clown.
Et du coup, ça va donner quelque chose de très authentique, de très farfelu parfois.
En tout cas, on va explorer des choses qu’on ne se permettrait pas forcément d’aborder si on faisait une formation sur le pitch classique.
Avant le théâtre, j’ai fait une formation en entreprise.
C’est-à-dire que j’étais salariée de diverses entreprises, où le fil conducteur, c’était toujours la communication.
En parallèle de quand j’étais salariée, je faisais du théâtre. J’ai commencé par faire du théâtre d’improvisation.
Donc, j’ai trouvé, sur la place parisienne, il y avait du choix, mais j’ai trouvé un prof qui me convenait très bien. Et il se trouve que ce prof a ouvert des cours de clown très rapidement dans l’année.
Et de suite, j’ai eu encore un appel beaucoup plus fort pour ça.
Ca m’a beaucoup apporté au niveau de l’aisance relationnelle et simplement d’exprimer qui j’étais, ou de jouer avec des consignes, avec les autres, avec le public. Enfin, j’ai adoré ça.
Et comme en parallèle, je travaillais en tant que salariée et à côté, j’avais cette pratique théâtrale, du clown, de l’impro. Il y a un moment donné, je voyais vraiment ce que ça apportait au niveau humain. Et rapidement, d’ailleurs, j’ai eu envie de le transmettre. Et je n’avais pas vraiment les clés de savoir comment je pouvais mettre ça dans l’entreprise. Et puis, j’ai découvert le théâtre d’entreprise. J’ai fait une formation de formatrice, et j’étais formatrice en communication par les techniques de théâtre, adaptée à l’entreprise.
Donc, j’ai vraiment trouvé la formation qui collait pile poil à mon projet.
Et à partir de là, j’ai commencé à apporter les techniques du théâtre aux entreprises.
Moi quand j’étais salariée, j’ai vécu beaucoup de souffrances au travail, principalement parce que je pouvais pas exploiter ma créativité, mais ça j’en avais pas forcément conscience. Je faisais des choses qui me plaisaient pas vraiment, qui étaient pas forcément en adéquation avec moi. Je travaillais parce qu’il fallait travailler, je m’intéressais à plein de choses, donc voilà, j’étais salariée, c’était une chose. Et quand j’ai découvert les pratiques théâtrales et le clown, ça m’a tellement apporté que, bon, il y avait cette évidence de transmettre, et pourquoi pas d’amener ça dans l’entreprise. Je me suis dit : j’ai envie d’être payée pour rire et faire rire ; en fait sous-entendu, j’ai envie de m’éclater dans ce que je fais, mais en plus je serais payée pour ça. Et de cette intention, on va dire, tout s’est mis en place progressivement, et mon chemin a bifurqué à partir du moment que j’ai fait la formation de formateur, et ça continue.
Si je fais ce que j’aime, que je me marre et que les autres se marrent et rient, et que je fais rire et que j’apporte de la joie, et bien si je pouvais être payée pour ça, ce serait… je n’aurais plus l’impression de travailler.
Et aujourd’hui si je veux aller plus loin, c’est : je vais apporter du rien à l’entreprise. Mais ça a l’air cocasse comme ça, mais en fait, ça a vraiment… il y a vraiment une idée derrière, une intention. C’est d’apporter la pause, la pause bien-être, de ressourcement, le côté remettre de l’humain dans l’entreprise. Et ça peut passer par des sessions, entre guillemets, de rien. Il faudrait que j’explique, mais on fera un autre épisode, il faudrait que j’explique ce que c’est de rien faire, juste être.
« Avec des Oui », j’ai trouvé ce nom pour mon enseigne commerciale, parce qu' »Avec des Oui » ça résume tout l’état d’esprit que j’ai dans mes ateliers, mes accompagnements, mes formations. C’est : j’ouvre, je dis oui, je suis complètement dans la réceptivité de ce qui se passe, de ce qui est, ou de ce que l’autre dit, ou de qui est l’autre en face, et je compose avec. Et ça c’est l’état d’esprit du théâtre d’impro. En impro, on dit toujours oui, on ne dit jamais non, sinon le jeu est fermé, coupé, c’est fini, on parle plus, donc fin de l’histoire. Donc « Avec des Oui », c’est dire oui, on compose, ça n’empêche pas de dire non après, ou à quoi je dis oui quand je dis non, ou à quoi je dis non quand je dis oui. Et donc c’est comme les deux faces d’une pièce, le oui le non, ça va ensemble. Donc « Avec des Oui », c’est ça. Avec, quand vous verrez sur mon logo, ça monte vers le haut, et vous verrez que le cadre n’est pas fermé, le cadre n’est pas fermé, parce que justement on sort de la boîte. On a un cadre au départ, mais on va se permettre d’être créatif dedans.
Marie-Cécile :
Cette philosophie du « Oui » et de la légèreté peut sembler loin des réalités du travail. Alors, comment Stéphanie fait-elle pour introduire cette vulnérabilité dans des équipes parfois sceptiques, voire réticentes ?
Stéphanie :
Ça me fait penser directement à une personne, une fois, dont le Directeur avait proposé à son équipe de faire quelque chose de surprenant, de différent. Et c’était du coup la pratique du clown sur deux sessions. Et il y avait une personne dans le groupe qui n’était pas du tout, soit réceptive, ou qui n’avait vraiment pas envie d’y aller. Moi, ce qui se passe, c’est la première des choses, c’est que je respecte toujours. Surtout que là, la personne n’a pas été prévenue, c’était la surprise et tout. Donc, je respecte là où la personne, elle en est, si elle a envie ou pas envie. J’explique beaucoup. Je vais dire, j’invite la personne à participer, à jouer le jeu. Je donne évidemment des consignes qui sont plutôt sécurisantes. Je pose un cadre qui permet à la personne de venir s’exprimer là où elle en est, par rapport à ce qu’elle peut faire. Et je vais l’inciter. Je vais quand même l’inciter parce que parfois, il faut un tout petit peu bousculer. Mais voilà, je vais vraiment doser par rapport à ça. Et si la personne ne veut vraiment pas, elle est vraiment bloquée, on va prendre l’extrême, elle peut rester assise en dehors. Et le fait de respecter cette position, ce choix, ça va peut-être lui ouvrir la porte de dire : « OK, j’ai envie de faire un pas ». Parce qu’on l’a respectée dans cette difficulté. Et si elle ne vient pas, c’est OK aussi. Ça, c’est posé. Et la plupart du temps, la personne, elle fait un pas. Et donc, sachant ça, ça va être ma pratique pour faire adhérer, en tout cas. Et sinon, quand vraiment, la personne, elle veut bien essayer, mais elle a très, très peur ou elle est très, très mal à l’aise, je vais faire une version adaptée. C’est-à-dire, je vais lui proposer de faire une entrée, je vais lui proposer de faire un tout petit pas vers ce qu’on est en train de faire, mais sans la brusquer, justement, pour ne pas la braquer, pour laisser la porte ouverte et puis qu’elle ose elle-même faire ce qu’elle peut faire. Donc, j’accompagne vraiment, sachant d’où je viens. C’est-à-dire que moi, j’étais tétanisée d’aller sur scène. J’étais tétanisée qu’on me regarde ou qu’on m’écoute. Et j’ai été accompagnée par des personnes vraiment très bienveillantes et respectueuses. Et du coup, c’est ça que je transmets aussi. Puis ça fait partie de mes valeurs de formatrice, d’accompagnatrice. Donc, j’ai vraiment les personnes introverties ou très, très timides. D’ailleurs, c’est souvent une force qu’on a quand on arrive sur scène, parce qu’on peut enfin ouvrir tout ça et le donner. Mais on va y aller petit à petit.
Marie-Cécile :
Là, on parle de clown. Donc, ça veut dire que tu utilises un nez rouge. C’est un objet obligatoire ?
Stéphanie :
Alors, il y a différentes pratiques avec le clown. Parfois, on peut être clown sans mettre de nez ou en mettant une petite gommette au bout du nez ou du maquillage. Et moi, je suis de celles qui aiment bien, comment dire, mettre le nez, chausser le nez pour… c’est pas totalement un conditionnement. Mais pour moi, c’est ça qui va ouvrir les horizons à tout le monde. C’est-à-dire, grâce au nez, on va s’autoriser à jouer, à faire des choses que sans le nez, on ne ferait pas. Et moi, ça me l’a fait pour moi et ça le fait toujours. Aujourd’hui, je serai beaucoup plus clown avec un nez que sans nez. Peut-être que c’est un conditionnement que j’ai eu. En tout cas, c’est un choix que je fais et que je propose à toutes les personnes qui participent à mes sessions.
Marie-Cécile :
C’est fait pour tout le monde ?
Stéphanie :
Ca me fait penser à une personne qui, un jour, il me dit : « Moi, j’aurais tellement besoin de faire du clown ». Je voyais qu’il était pétillant dans ses yeux, dans son énergie. Il me dit : « Moi, je suis un ancien militaire et ça me parle, tout ça, ça me donne envie ». Et je lui dis : « Mais c’est fait pour vous, justement, cette fameuse liberté d’être, d’exprimer sa joie. Ça peut être simplement la joie d’être en vie, d’être qui on est ». Voilà, parce qu’il me disait qu’il était très conditionné par toute sa carrière de militaire. Donc, il y a un côté un peu… « J’ai le potentiel, mais je n’arrive pas à sortir du cadre que je me suis imposé, peut-être pendant 30 ans, à peu près ». Donc, je lui dis : « C’est fait pour vous ». Entre autres, ça peut être complètement ce qui peut le libérer. Et moi, j’ai à cœur, justement, je sens que cette personne, elle est réceptive. Et donc, j’ai qu’une envie, c’est de lui offrir cette expérience, de passer par le clown pour se révéler à elle-même et aux autres. Et donc, parfois, on sent qu’on pourrait, en tout cas, le théâtre a vraiment cet effet libérateur. Dans des cas comme ça, moi, je suis dans une confiance absolue en ce que je propose et en l’autre. Je le pressens, je vois que ça matche, notre énergie, notre réceptivité, que ce soit en groupe. D’ailleurs, je vais proposer de commencer par du groupe, parce que du clown en individuel, tu l’as testé d’ailleurs, ce n’est pas le plus facile, en premier, en tout cas. Et le clown en groupe, on est porté par le groupe, par les autres, chacun passe ou on fait tous la même chose en même temps. Ça, ça peut vraiment aider à exprimer des choses. Et donc, je lui ai conseillé de faire ça. Et voilà, je suis dans cette confiance où ça va le faire. Et voilà.
Après, le clown, c’est toujours une aventure. On n’a jamais la certitude, selon le jour, selon l’humeur, est-ce qu’on a bien dormi ? Parce que parfois, à contrario, donc là, je vais me contredire un peu mais. Parfois, quelqu’un arrive en pleine forme dans une session clown. Il dit : « Je vais tout déchirer. Enfin, je suis au taquet, on a déjà fait plusieurs sessions. » Il sent que là, il a envie de tout donner sur scène et tout. Et ça fait flop. Et à contrario, quelqu’un qui me dit : « J’ai failli pas venir, j’ai pas dormi depuis trois nuits, je suis crevée, je suis pas bien, j’ai pas d’énergie », qui monte sur scène, et on a une espèce de grâce qui lui tombe dessus et elle nous fait un truc magnifique. Et donc, c’est pour dire qu’en fait, on sait jamais ce qui va se passer. Quand je dis sur scène, c’est sur le plateau, sur la zone de jeu, là où on est. Ça peut se passer dans un théâtre, ça peut se passer dans une salle de formation, ça peut se passer dans un lieu, ça peut même se passer dans l’herbe, on avait fait aussi dans l’herbe. Il peut se passer, enfin, c’est la vie, on ne sait pas à l’avance, on n’est pas Madame Irma, on ne sait pas, on ne peut pas prédire ce qui va se passer. C’est comme l’improvisation, parce que le clown, il est toujours en mode improvisation aussi.
Marie-Cécile :
C’est là où toi, tu n’as jamais de routine ?
Stéphanie :
Ben si, j’ai quand même la routine du clown, du cadre que je pose, de l’échauffement corporel, de mise en route du clown, parce qu’il faut que le corps, il soit prêt. Le corps et l’esprit, tout ça, ça va circuler. Et après, dans les passages solos, duos ou les improvisations, il va y avoir vraiment cette page blanche, ce saut dans le vide. Et là, la personne, elle a tout à créer, et c’est là où on a des belles surprises.
Marie-Cécile :
C’est ce qu’on appelle le spectacle vivant.
Stéphanie :
Oui, complètement. Vivant… le clown, c’est la vie ! Ce qui nous rend vivants aussi, je vais ajouter, c’est qu’il y a un public. Donc quand on est entre nous dans le groupe, le public, c’est le reste du groupe, des personnes qui ne sont pas sur scène. S’il n’y a pas de public, le clown, c’est comme si c’était une ampoule qui n’est pas allumée. Le public crée l’interrupteur. OK, le public me regarde, parce qu’il n’y a pas le quatrième mur. Ça, c’est les principes de base de la pratique du clown. On est en connexion directe avec les gens. Donc par le regard, par le corps, on peut s’approcher, on peut même parfois toucher son public ou monter dans les gradins, dans son public. Exactement aussi, ça marche aussi.
Moi, souvent, je donne cette consigne : vous avez le droit à tout en clown, sauf de vous faire mal, de faire mal aux autres ou de casser quelque chose matériel dans l’espace qui est là. Et donc tout est autorisé. Et je dirais, il y a aussi tout ce qui est grossièreté, vulgarité. En fait, on le transforme en « gros meulot », c’est-à-dire du langage inventé. Donc on a le droit de pester, de jurer, mais façon clown. Par exemple, on va dire « fddsflkdfj ». Et ça, c’est plutôt que de dire « merde », et bien c’est « merde » en clown. Par respect, voilà, par… Dans ce côté raffiné du clown et finesse dans l’état d’être, si on jure, ça va vraiment dénoter. Et donc oui, il y a le respect, il y a le respect du public. Et puis? il y a le monde dans lequel on est, parce qu’on crée un monde avec le clown, donc les mots habituels ne sont peut-être pas là.
Je propose une expérience. On ne commence pas forcément de but en blanc par du clown, on va débroussailler le terrain, selon là où elle en est, on va poser des choses, on va poser des bases, et puis parfois ça commence direct avec du clown, ça dépend vraiment des situations.
Marie-Cécile :
Ce cadre sécurisant permet à chacun de se révéler, de se sentir libre de tenter de nouvelles pistes, même pour les profils les plus inattendus. Ca demande d’apporter de la joie dans chacune de ses missions, mais comment fait-elle pendant ses propres périodes de doute ? Le clown devient-il alors une ressource personnelle pour rester ancrée dans l’instant présent ?
Stéphanie :
Alors, c’est très difficile tout seul. Régulièrement, je reprends des stages, des cours, des formations de clown, parce qu’il faut toujours se nourrir, ça me ressource énormément. Et puis j’ai une créativité débordante, donc ce qui est super, c’est que je peux aussi la sortir dans ces moments-là de manière très libre, c’est-à-dire pas orientée boulot, mais orientée création artistique. Donc ça, ça me nourrit beaucoup. Après, seule avec moi-même, me mettre en clown, non, je vais avoir d’autres pratiques qui seront plus de l’ordre complémentaire, des outils comme la méditation, la relaxation, voire même la contemplation, tous des trucs en « tion », en fait. Voilà, essayer d’être vraiment dans quelque chose de très introspection / introspectif. C’est des choses comme ça qui vont me permettre de résoudre d’éventuels problèmes ou traversées difficiles.
Et donc, ce qui est important pour moi dans les moments où c’est compliqué et difficile, ce que m’apporte le clown, c’est d’être dans le ici et maintenant. Parce qu’il paraît que le bonheur, il est dans le ici et maintenant. Et donc, s’il y a beaucoup d’anxiété ou des peurs ou des craintes, je ne pense pas à demain, je ne pense pas à hier, je vis pleinement l’instant présent. Et ça, avec le clown et avec le travail que je fais sur le corps, sur les cinq sens, ça me permet d’être bien, là tout de suite maintenant, alors que j’ai peut-être plein de problèmes, des soucis ou de l’anxiété. Et ça, je pense que j’ai développé un sacré muscle du ici et maintenant grâce au clown.
Marie-Cécile :
C’est pas mal d’avoir ce ici et maintenant où on apprécie ce qui se passe à l’instant. Et il y a une autre technique que tu utilises aussi, c’est le yoga du rire.
Stéphanie :
Alors, on parlait tout à l’heure d’une personne que j’accompagnais sur le pitch. La première fois ou la deuxième fois qu’on s’est rencontrées, on s’était vues dans un salon d’un hôtel et elles ne comprenaient pas ce que c’était le yoga du rire et tout ça. Et moi, en général, je n’explique pas beaucoup, je propose d’expérimenter direct. Du coup, c’est ce qu’on a fait, direct dans l’hôtel. Il y avait du monde dans le salon, il y avait quelques personnes. On s’est mises debout, on a fait quelques respirations et on s’est mises à rire sans raison. Je l’ai invitée à faire comme moi, parce que c’est un peu le principe du yoga du rire. Et c’est une pratique qui nous vient d’Inde, par un docteur qui a créé ça il y a une trentaine d’années. Et en fait, moi je le propose aux entreprises ou même en individuel, pour aller chercher cette joie qu’on a à l’intérieur qui est toujours là. Par contre il faut aller savoir la contacter. Et à partir de là on a des petits exercices, des choses qui nous permettent, grâce au corps et à la mécanique du rire, de venir à un rire naturel et d’apporter de la détente, du bien-être et tous les bénéfices du rire.
D’habitude, je le propose plutôt dans des sessions de groupe en entreprise pour notamment des séminaires, des choses comme ça. Mais dans des accompagnements individuels, petit à petit, de toute façon, je ne peux pas faire sans. Je mélange mes outils. Quand c’est à propos, on va se mettre à faire des minis yogas du rire. On ne va pas forcément faire une séance complète qui dure une heure. On va intégrer des jeux, des exercices. Et là, on s’est mises je dirais, en cinq minutes avec la personne, à rire à gorges déployées, comme des miroirs, face à face, et être complètement à l’aise quoi qu’il arrive autour de nous. Et d’ailleurs, les gens avaient plutôt le sourire autour. Ça ne dérange pas, en fait. Ça fait toujours du bien à tout le monde.
Marie-Cécile :
Et quand elle est sortie de ça, qu’elle s’est rendue compte peut-être qu’il y avait du monde ? Il n’y a pas eu un moment où elle s’est retrouvée perdue ?
Stéphanie :
Non, pas du tout. En fait, après, on est revenu à notre échange sur l’accompagnement. On était dans la joie et on avait activé notre joie. Il y avait plus de joie dans la séance, ça c’est clair. On a continué à travailler sur les thématiques qui étaient abordées.
Marie-Cécile :
Qu’est-ce que ça amène justement d’avoir cette joie ? Tu dis 3activer la joie3. Qu’est-ce que ça amène après dans sa journée, dans son moment, dans son entreprise, dans son travail ?
Stéphanie :
Ça amène pas mal de choses. Ça amène de la détente, ça amène de l’énergie, ça amène rapidement, ça amène de la confiance en soi. Alors souvent, je dis la confiance en soi, c’est qu’il faut pratiquer souvent le yoga du rire, tout ça. Mais en fait, quand on a pratiqué même une séance, on est dans la connexion aux autres, je dirais de cœur à cœur. Donc justement, les masques qui sont enlevés, on s’est regardé dans les yeux, on a ri ensemble. Il y a une connexion forte qui s’est faite à nouveau, qui est authentique, qui est joyeuse et qui bénéficie à tout le monde. Donc c’est vraiment, c’est « tout bénef ». Après le bénéfice s’en va rapidement, 24h, 48h après, on peut avoir des petites réminiscences, on se rappelle d’un moment avec les collègues, tout ça. Mais si on ne pratique pas régulièrement, effectivement, ça s’évapore, ça part. C’est comme toute pratique sportive.
Marie-Cécile :
Mais ce n’est pas un peu occulter les problèmes que de se dire : je mets un nez de clown, ou je fais yoga du rire, ou je vis dans la joie, et puis on oublie ce qui se passe ?
Stéphanie :
Alors peut-être que momentanément, on va oublier ce qui se passe, mais on ne va jamais occulter puisque les choses, elles sont là. Simplement, ça va nous apporter de la détente, peut-être un autre regard, parce que le clown, il apporte vraiment un autre regard sur toutes les situations. Et du coup, ça peut nous faire d’ailleurs penser « out of the box » grâce au clown, ou juste simplement on a pris du recul. On a eu un espace-temps, on a pris du recul, l’énergie, la physiologie du corps a changé, et tout ça, c’est relié entre pensée, émotion, ressenti, et ça va faire qu’on aborde sa journée différemment. Donc les problématiques, ça se trouve, on les voit juste comme des faits à résoudre. La gestion du stress, forcément, le stress aura circulé, sera parti, sera transformé. Donc ouais, on n’occulte pas les problèmes, mais on les aborde avec plus de sérénité.
Marie-Cécile :
Et peut-être on utilise des mots qui sont un peu différents, ce qui va faire qu’après notre relation avec les autres sera peut-être un peu plus facile. Il y a peut-être des changements dans la communication, tu parles de communication tout à l’heure, aussi qui suivent tout ça.
Stéphanie :
Je dirais que plus sur les mots, donc le côté verbal, la communication, on va beaucoup agir sur le non-verbal. C’est-à-dire une posture, une attitude, une énergie, la joie ou un regard. Je veux dire, il y a beaucoup de choses qui changent et qui passent au-delà des mots. Alors les mots vont accompagner évidemment. Voilà. Après je trouve que ce n’est pas forcément d’abord sur les mots. C’est vraiment sur l’énergie et le ressenti.
Marie-Cécile :
Activer sa joie, même dans un hall d’hôtel, change alors complètement le regard porté sur les problèmes. Mais cette alchimie ne fonctionne que si la rencontre est juste et l’accompagnement parfaitement adapté. J’en ai fait l’expérience personnelle lors de ma préparation pour ces podcasts : comment Stéphanie s’y prend-elle pour libérer une voix, la mienne en l’occurrence et trouver la juste posture, séance après séance ?
Stéphanie :
A chaque demande en fait, y’a des demandes spécifiques. Et, effectivement on a travaillé ensemble et à fois c’était la page blanche à écrire. Et moi j’étais très à l’écoute de tes besoins et de ce qui se passait pour toi. Et je dirais que le point commun qui va se relier avec les autres, c’est qu’on va toujours repasser par le corps. Comme tu l’as vu. Déjà on se met en mouvement. Travailler sur la voix c’est très relié au corps aussi. On va faire… Alors je ne suis pas ni prof de chant ni coach vocal. Mais derrière, grâce au théâtre et à tout ce qu’on peut faire avec le clown… Parce que le clown, ce qui est intéressant, c’est qu’il va chercher dans des extrêmes, minimalistes ou méga extravertis, super amplification. Et de là on va trouver la juste voix, la juste posture, ou la réponse qu’on est allé chercher. Mais qui est en soi. C’est juste qu’on se permet de l’exprimer. Et moi, au fur et à mesure des séances, je t’ai écoutée. J’ai effectivement créé des exercices sur le moment. Et j’appelle ça de l’écoute créatrice, c’est-à-dire qu’au moment où j’écoute mon client, en général, j’ai déjà plein d’idées qui me viennent. Et à chaque fois c’est différent. Et pour autant on est sur la même base de travail.
Marie-Cécile :
Oui, parce qu’au final le clown, on l’a utilisé une fois dans une séance.
Stéphanie :
Oui. Après il était là, il était… Oui c’est vrai, ça a libéré quelque chose dans ta voix. Et après c’était… On repassait quand même par le corps. Mais il n’y a pas forcément eu besoin de remettre… rechausser le nez, le clown.
Marie-Cécile :
Sauf que maintenant je l’ai sur mon bureau. Et qu’il me regarde régulièrement. Et que ça reste… C’est ce que je te disais sur le fait que ça marque. C’est que quand je le vois, je repense à des choses et il y a des choses qui reviennent de ce qu’on a appris ensemble.
Stéphanie :
Oui, c’est assez extraordinaire ce qu’on vit dans des moments clowns. C’est-à-dire qu’on les vit une fois, on s’en rappelle toujours. Donc ça peut créer un ancrage effectivement aussi. Ça peut créer une libération. Et moi c’est ça que je propose aux gens. C’est vraiment de se libérer.
Marie-Cécile :
Et si tu devais me parler de ton client rêvé, ça serait quoi ?
Stéphanie :
Mon client rêvé, c’est quelqu’un qui a un énorme potentiel en lui ou en elle, de sociabiliser, d’expression à l’oral, d’enthousiasme, de très belle énergie, mais qui n’arrive pas à exprimer, parce qu’il n’ose pas, il n’a pas confiance en lui, ou voire il est introverti, ou il perd ses moyens quand il prend la parole. Il n’est pas bien dans ses baskets, mais il n’a qu’une seule envie, c’est d’être bien dans sa peau, dans la relation aux autres, parce que là en fait, ce client-là, il se prive de la relation aux autres parce qu’il est dans un mal-être. Donc quelqu’un comme ça, je sais que je peux l’aider. Après il faut qu’il soit aussi ouvert aux pratiques que je propose, donc il faut qu’il ait cette envie, qu’il soit ouvert, et après on y va. Et je peux quasiment garantir à 95% que ça va fonctionner, en tout cas que ça va vraiment se déployer.
Marie-Cécile :
Oui, il y a peut-être… enfin en tout cas, moi c’est pour ça que je t’ai appelée, c’est qu’il y avait cette sensation que je pouvais dépasser un truc, je ne savais pas trop comment, que j’avais besoin de toi pour le faire, c’est un peu ça ?
Stéphanie :
Oui, on sent… peut-être on sent un appel. Je trouve que ce qui est important, c’est de se choisir mutuellement. D’ailleurs, il y a toujours un premier rendez-vous ou une première séance sans engagement, on est juste à se découvrir et à voir comment on peut travailler ensemble, on pose les choses. Et moi j’aime bien ce côté : on se choisit mutuellement. C’est-à-dire que la personne, elle doit sentir que mon énergie lui convient, ou que mon style, ou ma personnalité lui convient. Et moi je dois sentir aussi que je sens qu’on peut faire un travail ensemble et que ça matche entre nous, en fait. Donc à ce jour, ça ne m’est jamais arrivée de refuser, parce que finalement, les gens qui viennent à moi, ils m’ont croisée, ils m’ont vue, ils soient sur des vidéos, voilà, et du coup, ils ont eu envie de travailler avec moi. Mais on est en capacité, des deux côtés, de dire non, en fait, ça ne correspond pas ou je ne le sens pas, et on est libre de choisir effectivement.
Marie-Cécile :
Oui, c’est vrai que quand on s’appelait pour parler du projet, à chaque fois, tu me disais : « Tu veux toujours travailler avec moi », tu m’as dis ça à chaque fois.
Stéphanie :
En tout cas, à chaque fois, on a renouvelé mutuellement l’envie de travailler ensemble. C’est-à-dire que, moi, dès ton appel, j’ai senti que je pouvais t’apporter des choses et que je serais heureuse de travailler avec toi. Et je crois que c’était réciproque, et du coup, ça, ça donne juste envie d’y aller, quoi. Et ça s’est confirmé par la suite.
Marie-Cécile :
Se choisir mutuellement, oser faire confiance à son intuition : c’est souvent la première étape pour débloquer son potentiel. Stéphanie en est convaincue : nous avons tous cette capacité à nous révéler, à condition d’accepter de sortir de notre zone de confort. Alors, quel est son conseil pour celles et ceux qui hésitent encore à franchir le pas, en entreprise ou dans leur vie personnelle ?
Stéphanie :
Faites du clown, c’est tout. Essayez, essayez. Oser, oser mettre en entreprise, oser, voilà, dans votre vie professionnelle. Oser cette expérience en entreprise. Vous n’avez rien à perdre, vous avez tout à gagner, et c’est à gagner sur le plan humain.
Marie-Cécile :
Alors, qu’est ce que vous en dîtes ? Oserez-vous enfiler ce nez rouge, non pas pour vous cacher derrière, mais pour révéler ce que vous êtes vraiment. Oser accepter votre vulnérabilité pour en faire une force dans votre travail. Et oser, surtout, intégrer du « rien » et de la joie dans vos agendas surchargés.
Comme elle le dit si bien, vous n’avez rien à perdre, et tout à gagner. Que vous soyez manager, indépendant ou simplement en quête de sens, peut-être que cet épisode vous donnera l’envie, vous aussi, de tenter l’exploration clownesque.
Je vous mets tous les liens pour retrouver Stéphanie et son entreprise « Avec des Oui » dans la description de cet épisode.
Et je tenais à remercier Stéphanie qui m’a accompagné, après le travail réalisé avec Amélie Fourreau, dans la recherche de ma voix joyeuse de podcasteuse. Le nez rouge qu’elle m’a donné est toujours prêt de moi quand j’enregistre, pour me rappeler ce qui m’anime dans ce podcast et ce que je veux y transmettre.
Merci à vous d’avoir écouté cet épisode. Je suis Marie-Cécile, alias Esperluette, l’anthropologue du quotidien.
Et je vous dis… à très bientôt, je l’espère-luette, évidemment !