Bore-out ou burn-out : qu’est-ce qui épuise le plus ?

Et si l’ennui au travail était aussi dangereux que la surcharge ?

Lorsqu’on parle de souffrance au travail, le burn-out revient souvent au premier plan. Il est désormais bien identifié : surcharge de travail, pression permanente, perte d’énergie, épuisement physique et émotionnel.

Mais il existe une autre réalité, plus silencieuse, plus discrète et pourtant tout aussi destructrice : le bore-out.

Et si ne (presque) rien avoir à faire était aussi éprouvant que d’avoir une surcharge de travail ?

Je vous pose aujourd’hui cette question, car elle mérite d’être débattue et mise en lumière.

Le poids invisible de l’ennui

Contrairement aux idées reçues, avoir peu de travail n’est pas forcément une chance.

Regarder les heures défiler…

Faire semblant d’être occupé…

Attendre la fin de la journée…

Ne plus se sentir utile…

Cette situation peut progressivement atteindre l’estime de soi et diminuer la confiance. Elle peut aussi créer de la culpabilité, de la frustration et parfois conduire à une véritable souffrance psychologique.

L’ennui chronique n’est pas du repos. C’est une usure et cela atteint votre santé mentale.

Burn-out : trop de travail

Le burn-out survient lorsque les ressources de la personne sont dépassées par les exigences du travail.

Les symptômes sont connus :

  • fatigue extrême,
  • perte de motivation,
  • difficultés de concentration,
  • irritabilité,
  • troubles du sommeil,
  • sentiment d’être vidé de son énergie.

Le corps et le mental finissent par dire STOP.

Bore-out : pas assez de stimulation

À l’inverse, le bore-out apparaît lorsqu’il n’y a plus suffisamment de défis, de responsabilités ou de sens.

Les journées deviennent longues. La motivation disparaît.

L’impression de ne plus servir à rien s’installe. Peu à peu, l’énergie s’éteint.

Car contrairement à ce que l’on pourrait penser, ne rien faire fatigue énormément.

Cette fatigue est souvent plus insidieuse, parce qu’elle est difficile à expliquer à son entourage.

Comment dire que l’on souffre… parce que l’on ne fait presque rien ?

L’être humain a besoin de mouvement

Notre cerveau est conçu pour apprendre.

Notre curiosité nous pousse à découvrir.

Nous avons besoin d’avancer, de créer, de contribuer.

Nous avons besoin de ressentir que ce que nous faisons a du sens.

L’être humain n’est pas fait pour rester immobile.

Il n’est pas davantage fait pour courir sans jamais reprendre son souffle.

L’équilibre se situe entre ces deux extrêmes : Entre stimulation et récupération,  entre engagement et respiration.

Alors, qu’est-ce qui est le pire ?

La surcharge de travail ou l’ennui permanent ?

Je n’ai pas de réponse universelle. Chaque personne vit ces situations différemment, mais je suis convaincue d’une chose :

les deux peuvent profondément altérer la santé mentale lorsqu’ils s’installent dans la durée.

Le véritable enjeu est peut-être ailleurs.

Il réside dans la capacité des organisations à proposer un travail qui nourrit autant qu’il sollicite.

Un travail qui donne envie de se lever le matin.

Un travail où chacun peut apprendre, évoluer, contribuer et trouver sa place.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Selon vous :

👉 Qu’est-ce qui est le plus difficile à vivre ?

Le burn-out lié à la surcharge de travail  ou le bore-out provoqué par un manque de stimulation et de sens ?

Je serais ravie de découvrir vos expériences et vos points de vue en commentaires.

Parce que parler de ces réalités, c’est déjà contribuer à mieux prévenir les risques psychosociaux.


À suivre…

Dans mon prochain article, nous parlerons d’un sujet intimement lié à ces deux phénomènes : la motivation.

Pourquoi sommes-nous motivés ?

Pourquoi perdons-nous cette motivation ?

Et surtout, comment la retrouver durablement ?

À très bientôt.

Stéphanie – Avec des Oui !